LE SIX DE SULENS

Publié le 12 janvier 2026 par Bertrand C.

Chronique d’une expédition aux multiples rebondissements
Inspiré par des faits réels.

Il était une fois, un fameux dimanche 11 janvier, celui de l’an 2026.
Six aventuriers s’apprêtaient à vivre une expédition de ski de randonnée. Ils ne le savaient pas
encore, mais de multiples rebondissements les attendaient. Ce sera l’une de ces journées qui
marquent les esprits longtemps après le retour. Fabien, Cécile, Margot et Federica, guidés par le
capitaine Bertrand et la vice-capitaine Stéphanie, se retrouvent à l’aube (~8h) au bord du Fier, à
proximité de l’antique pont de Brogny. Destination : la montagne de Sulens, dans la contrée des
Aravis, près du paisible village de Manigod. Selon les sages du coin, des températures polaires les
attendent. L’ambiance est à la fois fébrile et enthousiaste.

Après avoir chargé tout le matériel dans les jeeps d’expédition, la troupe prend la route vers le pic…
avant d’être rapidement stoppée par une caravane transalpine (plus connue sous le nom de
bouchons vers La Clusaz) ! Mais heureusement, nos capitaines ont plus d’un tour dans leur sac. Ils
dégainent un itinéraire secret, connu d’eux seuls : la petite Voie Blanche, longeant le lac d’Annecy,
passant par Serraval et le col du Marais.
Après plusieurs kilomètres de paysages enneigés à couper le souffle (et environ deux heures de
conduite), un café revigorant au repaire favori des guides — le Bistrot du Capitaine à Manigod —,
il reste encore un dernier obstacle avant le vrai point de départ : la montée enneigée vers le Plan des
Berthas (1100 m).

C’est ici que la troupe affronte une jeep capricieuse (pilotée par Federica) qui peine à grimper. Mais
l’esprit d’équipe fait la différence : Margot improvise en s’accroupissant SUR le capot pendant que
le reste de la brigade pousse de toutes ses forces.
Ensemble, ils triomphent de la montée et repartent aussi vite qu’ils s’étaient arrêtés. Première
victoire collective.

Une fois sur place, une morsure glaciale les accueille. Skis aux pieds, dès les premiers coups de
spatules, l’aventure met déjà l’un des membres à rude épreuve. Cécile est soudain frappée par la
mystérieuse fièvre de Sulens (plus communément appelée syndrome de Raynaud) : mains blanches,
douleurs intenses… impossible pour elle de continuer.
Après concertation, et le coeur un peu lourd, le groupe décide de la confier vers midi aux bons soins
de l’hôtesse de l’auberge de Sulens, rencontrée en chemin, réputée pour ses talents de guérisseuse.
Un moment difficile, mais nécessaire. L’équipe sait qu’elle se retrouvera plus tard.

La Tournette sur la droite, l’expédition se poursuit via un chemin d’alpage bordé d’arbres chargés de
neige jusqu’à la Ferme-école de Grande Montagne. Malgré le froid mordant, les conditions sont
idéales : ciel bleu éclatant, neige fraîche tombée deux jours plus tôt, épaisse et scintillante.
C’est l’occasion de tester leurs talents d’expéditeurs en pratiquant quelques conversions, sous l’oeil
attentif et bienveillant de Bertrand et Stéphanie. Les conseils fusent, les encouragements aussi.
L’équipe progresse.

Mais un nouvel imprévu surgit : Fabien perd une vis de ses skis ! Sans hésiter, le capitaine Bertrand
entre en scène. Tel un MacGyver des montagnes, il improvise une réparation de génie qui permet à
la troupe de reprendre la route. Soulagement collectif.

Glissade après glissade, les cinq voyageurs atteignent la dernière partie de leur périple. Après un
dernier virage, la combe de Sulens s’ouvre devant eux. Un ultime effort avant le sommet ! À
gauche, le pic de Sulens. À droite, le Petit Sulens.
Ils réalisent alors qu’ils ne sont pas seuls : d’autres expéditeurs, en quête du Saint Graal, ont déjà
tracé plusieurs chemins. Mais l’équipe ne se démonte pas. Fidèle à son esprit, elle ouvre sa propre
voie, traçant ensemble leur chemin dans la poudreuse.
Après un bonnet oublié par ci et par là, ils atteignent enfin le col de Sulens à 1745 m d’altitude. La
récompense est immense : un panorama grandiose sur la chaîne des Aravis, du Charvin à la Pointe
Percée. Et au loin, majestueux, le Mont-Blanc.
Portés par l’enthousiasme et la gratitude, ils poursuivent encore quelques mètres pour atteindre
l’objectif final : le Petit Sulens. Ici, les cinq compagnons peuvent enfin souffler et se restaurer à
base de tablettes de chocolat et d’élixir de longue vie, fait maison par Stéphanie (aussi appelé
liqueur d’Hysope : un pur délice).
Un petit groupe-fie (nom de code pour la photo de groupe) et c’est vite l’heure d’emprunter la voie
de retour par la Longue Descente Glissante. Un moment suspendu dans le temps, où chacun, avec
son style, flotte sur le manteau neigeux. Un vrai bonheur !
Après avoir retrouvé leur sixième expéditrice à l’auberge de Sulens, la troupe reprend les jeeps pour
rentrer, le coeur rempli, retrouver familles et foyers… avec déjà l’envie de repartir !

Federica & Fabien

Catégorie: Ski de randonnée

Un commentaire

  1. Le compte-rendu et les photos me font rêver.
    Pour moi, un autre temps…sniff sniff

Laissez un commentaire

Cette voie, elle est mythique !